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Le mois des médias : l'intrigue autour des stéréotypes qui touchent les asiatiques en France

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Petite brochette d’articles qui servent la cause… et ceux qui ne la servent pas. #périlsurlejaune

Ce mois-ci se tiennent les assises du journalisme, un rendez-vous annuel de réflexion sur le métier, sous les bonnes faveurs de Françoise Nyssen, ministre de la culture. En effet, un doublement du budget de l’éducation aux médias a été annoncé pour lutter contre la désinformation. Volonté d’exigence ou de contrôle des mentalités ? En effet, il ne suffit pas de croire qu’une sphère est carrée pour rayonner lors des dîners de famille.
 

La lutte contre le racisme a vocation à influencer les mentalités. Le débat est d’ailleurs d’une violence sans nulle commune mesure, et les internautes les plus divers n’hésitent pas à étaler leurs connaissances et leurs volontés de domination pour insulter les militants. Cependant, permettre de débattre des conséquences sociales de la haine et du mépris est quelque chose qui semble étrangement bénéfique. En effet, il ne s’agit pas uniquement des victimes, qui bien que protégées par la force symbolique de l’article et de la mobilisation, restent dans la focale du malaise. Il ne s’agit pas non plus que des coupables, qui bien que punies par la loi qui réprime les incitations à la haine et reconnaît des circonstances aggravantes dans une agression à caractère raciste, restent des éléments de la société dans laquelle nous vivons.
 

L’éducation aux médias permet de créer l’information ensemble, un processus de construction et de diffusion commune. Un groupe, un territoire peut décider de contrôler l’image qu’il a de lui-même. Un statut de victime n’est pas tenable indéfiniment, et un statut de coupable non plus. Cependant, les informations et les arguments qui sont offerts à l’opinion publique constitueront la base de son intérêt, sa perspective sociale et politique. C’est le socle de sa convergence avec la communauté étendue, la prémisse de son intégration à la France. Comme dit le proverbe, Haters gonna hate.

 

Asia2.0 offrira au passage une petite palme aux médias qui auront retenu notre attention et soulevé notre colère :

-       Le Figaro pour ses accusations de fièvre de la censure après l’affaire de la comptine « Chang le petit chinois ». (voir l’article précédent)

-       GlamourParis pour avoir « omis » que Liu Shaoyao avait été tué par la police et non par des voleurs.

-       Le Parisien pour avoir affirmé que les manifestations chinoises en 2017 étaient manipulées par le gouvernement de Pékin et la mafia (au choix !). Merci tout de même pour parler régulièrement de l’insécurité au détriment de l’image des quartiers populaires. Il serait bon d’éviter de mentionner les sommes dérobées pour éviter le ciblage des asiatiques à l’avenir.

On remarque que les occasions de se faire pardonner ne manquent pas :

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/val-de-marne-apres-la-serie-d-agressions-la-communaute-asiatique-recue-par-le-prefet-24-01-2018-7520841.php

 

-       France TV Infos pour faire un portrait d’une grande bienveillance, mais qui alimente le préjugé de la minorité modèle. « La révolte tranquille » n’existe pas.

 

 

-       Et bien sûr tous les sites d’extrême-droite (inutile de les nommer) qui se servent de l’insécurité ressentie par les asiatiques pour criminaliser les autres communautés.

 

Afin de promouvoir la présence médiatique des asiatiques dans les quartiers populaires comme dans les médias grand public et l’exigence de la profession, nous travaillerons à une création de contenu régulière, grâce aux travail de nos militants.

N’oublions pas que si les médias des pays asiatiques ont aussi des volontés d’influence de l’opinion internationale dans un jeu de géopolitique qui ne laisse personne indifférent, une presse de qualité est bien présente, et nous rappelons aux plus critiques vis-à-vis du prétendu autoritarisme asiatique que la presse de l’autre bout du continent couvre parfois des événements qui nous auraient échappé sans leur aide :

- une plainte franco-suisse contre le gouvernement japonais pour demander la double nationalité, par le journal Asahi.

- les intentions de vote des Chinois de France pendant l’élection présidentielle de 2017 par le South China Morning Post.

 

Nous vous donnons rendez-vous à la fin du mois pour des conférences thématiques autour de la question des médias et de la lutte contre le racisme.

Au Musée National de l'Histoire de l'Immigration : http://www.histoire-immigration.fr/agenda/2018-02/lutter-contre-le-racisme-l-heure-des-nouveaux-medias

Et au café Sohan : https://www.facebook.com/search/top/?q=peut-on%20encore%20faire%20confiance%20aux%20journalistes%20%3F

 

En attendant, vous pourrez consulter notre interview de Lucas Roxo, un jeune journaliste prometteur, et réalisateur du documentaire La Marche D’après.


L'éducation aux médias selon Lucas Roxo : y'a-t-il un journaliste engagé dans la salle ?


La marche d'après : comment vivent ceux qui ont déjà lutté.


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Publié le mercredi 14 mars 2018

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