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La chanson des Litchis, ou la mort du Lotus Bleu.

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Analyse de la polémique autour de la chanson du petit Chinois

La rumeur s'élève sur les réseaux sociaux après la diffusion d'une comptine pour enfants par les associations militantes qui dénoncent le racisme anti-asiatique. La demande de retrait du contenu du manuel scolaire a été accompagnée et appuyée par SOS Racisme, dont le président Dominique Sopo se fait le relai, en plus de Asia2.0, Sacha Lin-Jung, Linh-Lan Dao et autres militants. L'information proviendrait de groupes de discussions sur l'application chinoise de messagerie smartphone Wechat.

La réplique ne se faisant pas attendre, c'est Le Figaro qui semble donner le ton à une contre-campagne à destination des anti-racistes qui sont de nouveau accusés de victimisation et de troubles psychologiques divers. Et pour cause, l'article du quotidien a été cité, tronqué certes mais sans ajout, par le site Français de Souche. Et personne ne semble s'offusquer du parti-pris de ce journal grand tirage.
Pour précision, l'article ayant été mis à jour une journée après sa première publication, le ton réprobateur de son premier jet semble avoir disparu avec les derniers paragraphes qui sous-entendent une nouvelle fièvre de la censure. On est bien loin du temps où l'on pouvait rire gentiment en face-à-face des clichés que chacun porte sur l'autre. Seul le contenu des clichés a perduré depuis Le Lotus Bleu.

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http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2017/12/28/37002-20171228ARTFIG00123-une-comptine-jugee-raciste-provoque-la-polemique.php

 

Les réactions sur les réseaux sociaux reprenant cette argumentation qui se veut modérée interviennent alors que l'éditeur du manuel scolaire reconnaît la maladresse du propos, et que le signalement au ministère de la culture est rapporté sur la page de SOS racisme.
Il faut donc comprendre que cette contre-attaque intervient après les initiatives de signalement sur les réseaux et auprès des institutions. On se demande donc à quoi peut bien servir ce déchaînement qui semblait avoir épargné les militants asiatiques jusqu'alors.

 

Asia2.0 soutient sans ambiguïté les groupes anti-racistes qui vivent leur baptême du feu.
Dans le cas qui nous intéresse, qu'une école, privée ou publique soit impliquée a maintenant peu d'intérêt puisque cette comptine existe déjà depuis plusieurs années sur les réseaux. A présent les anti-racistes doivent s'assurer que sa diffusion cesse sans se borner à la sphère de l'enseignement et veiller à l'exigence des contenus partagés sur les réseaux.

Les médias doivent reconnaître leur responsabilité dans la libération de la parole raciste. L'objectivité journalistique est un idéal, mais la profession est faite d'humilité. La déontologie est exigée des professionnels, et les journalistes s'exposent à la critique quoi qu'il arrive.
La récente suppression des comptes Twitter de groupes d'extrême-droite nous laisse croire qu'à présent, ce seront des comptes privés qui harcèleront les militants.

L'art n'est pas non plus un moyen d'expression neutre. Il est conditionné par son contexte historique et à son milieu de diffusion. On ne peut pas accepter qu'une comptine écrite pour des enfants renvoie des personnes issues de pays devenus riches à une misère d'antan qui rend leur enrichissement fortuit (CF l'intriguante réussite des Chinois en France). On ne peut laisser renaître le souvenir du bandage des pieds en Chine dont la pratique appartient définitivement au passé. On ne peut pas accepter des caricatures du physique qui sont humiliantes et cautionnent les accès de violence de ceux qui se croient physiquement plus robustes. La musique de la phonétique n'y change rien, car nous vivons à une époque où "Tching Tchang Tchong" est une expression banalisée par la libre expression d'autres artistes comme l'Algérino et des hommes politiques comme Julien Rochedy. Pour finir, c'est faire preuve d'ignorance que de nier que le seul mot chinois a une connotation négative dans le langage courant, en plus de faire un amalgame grossier des populations qui vivent en Asie. Enfin ceux qui considèrent que l'art est un moment de création pure sont des personnes pour qui le message de l'art est vain.

 

La leçon de cette confrontation, est que nous arrivons dans l'arène politique par le biais de l'antiracisme moral, et nous ne sommes pas dupes : les attaques qui sont faites aux anti-racistes asiatiques n'ont pas pour objectif d'obtenir le retrait de nos démarches, et elles ne peuvent empêcher la diffusion de nos prises de position. Il s'agit bien de harcèlement à caractère politique, afin que notre parole soit contenue à une sphère restreinte de la morale, où les réactionnaires sont assurés de leur légitimité, au nom de leur vision de l'histoire, de leur appartenance au groupe dominant et quelquefois du respect de l'élite académicienne. Il s'agit de nous refuser une parole politique : qu'elle soit conservatrice ou progressiste leur importe peu. Il s'agit de contenir notre action politique en tant qu'asiatiques, alors que les Chinois de France ont fait l'expérience du plus dur du racisme ces derniers mois.

 

Nous ne nous tairons pas. Convergence !

#périlsurlejaune

 

Asia2.0


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Publié le vendredi 29 décembre 2017

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