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Racisme et problèmes identitaires dans l’affaire Liu Shaoyao

Racisme et problèmes identitaires dans l'affaire Shaoyo Liu

Notre association ressent un fort décalage entre les propos des représentants des communautés chinoises et les réactions qui fusent sur le web… Les médias, et les commentaires des internautes confondus. La réalité des conséquences de la mort de Shaoyao Liu (Shaoyo selon les sources) semble se complexifier de jour en jour, au gré des dérapages de la jeunesse chinoise.

Affirmer que la mort de Liu Sahoyao est la conséquence d’un acte raciste serait un peu péremptoire. Mais que penser du flot de commentaires haineux, doublé du silence total des élus sur la question, en plus d'un traitement exécrable des médias ? On ne peut pas s’empêcher de voir resurgir les vieux démons…
Il existe bien un climat de rejet de nos communautés, sous des formes multiples, et exprimé de façons variées, tantôt sous forme de reproches, tantôt  sous forme d’humour douteux. La vidéo relayée par Asiatiques de France traduit bien le malaise.
Tantôt le rejet exprime un racisme acerbe et profondément ancré dans une idéologie post colonialiste, tantôt il traduit un reproche amer face au repli identitaire de communautés qui n'auraient pas relevé le défi de l'intégration républicaine. Le soupçon d'influence de la mafia dans les manifestations ainsi que le traitement médiatique qui limite le problème à la communauté chinoise le prouvent bien. Ces deux éléments de communication qui ont marqué les esprits renouvellent des accusations hâtives sur le mode de vie des communautés asiatiques.
Pour le peu qu'on aurait à se réjouir, on constate effectivement que l’Asiatique est toujours bien considéré, parce que présent en "quantité négligeable”, et toujours présent financièrement. Nos communautés sont souvent sollicitées comme de généreux bienfaiteurs en temps de paix, comme si la dimension humaine et sociale était absente de nos existence, et pour cause...
L’ensemble des  manifestations ont prouvé une forte mobilisation et une forte motivation émanant de nos communautés, elles ont aussi démontré une limite, à savoir la fracture de plus en plus visible entre membres de la communauté et responsables communautaires. En d'autre mots, entre personnes naturellement intégrées et les sensibilités communautaristes. Cela ne vous rappellerait-il pas la fracture électorale qui nous inquiète à la veille des élections présidentielles ?
Ce décalage ne fait aucune surprise pour une association qui travaille de longue date sur le sujet, mais elle s’est révélée au grand jour à travers ces multiples éruptions citoyennes. La plupart des éléments contestataires provenaient de la jeunesse et des minorités Asiatiques non chinoises.
Le débat se situe surtout au sujet du contrôle communautaire exercé par maintes associations, certes puissantes et organisées, mais qui éprouvent de grosses difficultés à tenir leur jeunesse récalcitrante dans leur giron. C’est ce mode d'organisation qui permet (toute proportion bien gardée) aux médias et à la réaction nationale d'entretenir une image beaucoup trop segmentée de nos communautés, et renforce leurs préjugés sur notre capacité de mobilisation.
Notre association n'a eu de cesse d'épingler les remarques et les insultes à caractère raciste dans les médias et sur les réseaux sociaux depuis de longues années (environ 2000 par jour), mais se doit d'affirmer que la récurrence des préjugés finit par correspondre au malaise qui divise les communautés elles-mêmes. La violence verbale doit être prise pour ce qu'elle est, c'est à dire une agression, mais nous prenons acte que les plus blessantes proviennent d'une connaissance affinée par une curiosité des plus cruelles.
Cette étude patiente de notre mode de vie se fait à l'insu des personnes concernées, qui sortent rarement de leurs réseaux de prédilection pour communiquer, et ne vont pas se renseigner dans les sources de langue française. Pour connaître le racisme, il faut en aller au devant, et c'est pour cela que les militants de Asia2.0 se dévouent, dans l'espoir de faire enfin communiquer des mondes qui se connaissent sans jamais se rencontrer. Les associations cultiveraient alors de nouveaux modes d'action efficaces et correspondant à leurs particularismes culturels. 
L'identité nationale est un sujet brûlant dans toutes les communautés vivant sur le territoire français, car celles-ci craignent que les conclusion d'un débat sur la prestation et la carrure du citoyen modèle ne risquent de les stigmatiser à nouveau comme des populations au mode de vie délétère et illégitime. La mobilisation a révélé de nouveau la faiblesse de l'implication citoyenne des asiatiques, et il est profondément regrettable qu'elle ait été provoquée par un contexte de violences policières, par la mort d'un père de famille dans son foyer ; que l'occupation de l'espace public découle d'une violation de l'ultime sphère de sécurité des citoyens français issus de l'immigration, leur lieu de vie privée.
Il est urgent que les responsables des communautés asiatiques comprennent et s'impliquent dans le débat social sur la base d'une démarche universelle, inclusive et soucieuse de la diversité. Le statut de minorité ne doit plus supposer un état de faiblesse, mais plutôt d'une interprétation alternative de la vie en société. Le dynamisme français nous le rendra sans aucun doute.

“Il faut oeuvrer dans le futur afin que nous parlions de nous en tant que Français d’origines Asiatiques, et  non d’Asiatiques vivants en France”


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Publié le jeudi 6 avril 2017

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